De l'apéritif aux concerts
Gilles Bourgade est né et a toujours vécu à Alès ou aux alentours où, depuis une dizaine d'années, il a exercé son métier dans 3 établissements différents en centre ville. Le Turtle Café est donc le quatrième que Gilles Bourgade dirige, et cela depuis le mois de novembre 2000 : « c'était une bonne affaire à entreprendre, avoue-t-il, car c'était un établissement qui était fermé depuis 2 ans en raison d'une liquidation judiciaire. Il s'agissait déjà d'un bar-restaurant et la personne qui le tenait jusque là, et depuis 20 ans, n'arrivait plus à le gérer. Quand je suis arrivé, poursuit-il, j'ai préservé la structure formelle, c'est-à-dire le principe du bar-restaurant, mais j'ai tout refait, ce qui a représenté 400 000 F de travaux. A présent, le Turtle Café s'étend sur 150 m2, au lieu de 40 auparavant et je suis en train de mettre en place une espèce de bar d'été, en contre-bas, à proximité du terrain de boule. Quant à la décoration, j'ai tout fait moi-même petit à petit ». Reste le nom de l'établissement lui-même, Turtle, qui vient de loin : « l'idée m'est venue après un voyage en Nouvelle-Calédonie où j'ai été très impressionné par les tortues. J'en ai même mis un peu partout dans le bar et la tortue est devenue à la fois le symbole et le logo de l'établissement ». Comme l'établissement était fermé depuis 2 ans, Gilles Bourgade a dû recréer la clientèle du Turtle Café : « j'ai en effet refait toute la clientèle du bar, explique-t-il, c'est-à-dire celle des apéritifs de midi et du soir. Néanmoins, ce ne fut pas très difficile, car je suis originaire de la région et j'y ai tenu plusieurs établissements. Une partie de mes clients précédents m'ont suivi. J'ai donc concentré mon attention sur le potentiel de la soirée et, en particulier, des jeunes. Pour ce faire, poursuit-il, j'ai entrepris d'organiser des concerts et des soirées à thèmes. Les concerts ont lieu tous les jeudis soirs, une semaine sur deux. Au départ, je fonctionnais essentiellement avec des groupes de la région, mais le bouche à oreille a fait son chemin et, à présent, c'est moi qui reçois des disques de groupes de toute la France. En ce qui concerne les soirées à thèmes, je les organise le vendredi soir, la semaine où il n'y a pas de concerts. Je fais venir un disc jockey et, sauf en cas de repas spéciaux, le Turtle Café propose uniquement des boissons et des cadeaux ». Les clients de ces deux soirées sont un peu différents les uns des autres : « le jeudi soir, il s'agit principalement d'amateurs de musique, tandis que le vendredi soir, la clientèle est plus jeune. Elles réunissent entre 80 et 100 personnes ».
Une préoccupation essentielle : l'animation
Le Turtle Café, c'est également une activité de restauration dont s'occupe la sœur de Gilles Bourgade, avec un cuisinier et une serveuse : « le restaurant accueille une clientèle différente de celle du bar. Ce sont des ouvriers, des représentants et, en général, des clients plutôt fidèles, pour une moyenne de 60 couverts par jour, uniquement au déjeuner ».
Le restaurant du Turtle Café propose, outre un menu, une carte avec, entre autres choses, une Assiette de charcuterie pour 6,87 e, une Salade cévenole pour 6,41 e, un Magret de canard pour 11,45 e, une Gardianne de Taureau pour 8,39 e, un Sauté de canard aux cèpes pour 8,39 e ou le plat du jour pour 6,87 e.
Mais, malgré le surcroît de travail que cela peut représenter, les activités du bar et du restaurant sont complémentaires : « elles sont en effet indispensables, explique Gilles Bourgade, car ainsi on peut fidéliser une certaine clientèle. Sans le restaurant, ce serait difficile ». Cependant, l'essentiel n'est pas là : « il est vrai qu'ici, avoue Gilles Bourgade, nous sommes dans un village et que les apéritifs de midi et du soir, s'ils ont diminué, conservent tout de même un niveau correct ; cependant, les soirées à thèmes et les concerts, c'est-à-dire l'animation en général est devenue primordiale, car les clients, les jeunes surtout, ont besoin d'autre chose que ce qu'offre le bar traditionnel. Il est vrai que les grosses structures nous ont porté un grand tort, bien qu'il y ait une part de responsabilité de la part des petits établissements : il est devenu absolument nécessaire de se moderniser et de concevoir des lieux accueillants. Un bar est un commerce comme un autre et être commerçant, en l'occurrence, c'est savoir offrir un verre ou un petit cadeau ».
Savoir écouter
Néanmoins, depuis 10 ans qu'il exerce ce métier, Gilles Bourgade a pu constater un certain changement, en particulier quant à la consommation d'alcools : « il est indéniable, avoue-t-il, que la lutte contre l'alcoolisme a eu un certain effet, surtout sur les apéritifs. Les clients ne peuvent pas se permettre de se faire retirer leur permis. Au restaurant, ils se contentent d'un quart de vin. De notre côté, nous avons aussi fait des efforts : lors des soirées, par exemple, si on constate que quelqu'un a trop bu, on essaie de le faire ramener par l'un de ses amis. En règle générale, poursuit-il, j'ai d'excellentes relations avec mes clients, ne serait-ce que parce que je les connais presque tous personnellement ». Par ailleurs, le changement concerne également l'aspect financier : « les gens font de plus en plus attention à ce qu'ils dépensent, explique Gilles Bourgade : ils consomment 2 ou 3 apéritifs, pas plus. Lors des soirées, c'est un peu mieux parce que les clients commandent des bouteilles ».
Malgré tout, Gilles Bourgade est confiant et continue d'aimer son métier : « pour faire ce métier, conclut-il, il faut l'aimer, car il est nécessaire d'être patient avec les clients. Il est vrai qu'on voit toute sorte de personnes, mais en même temps il nous faut savoir les écouter. D'un autre côté, c'est aussi un métier plaisant, car lors des soirées, je m'amuse autant que mes clients. C'est pour moi un plaisir ».